Les crèches 2, 3 et 4 étoiles ! (suite)

Hier j’ai reçu dans ma boite aux lettres une lettre pour m’informer du montant à payer pour la future crèche où iront mes 2 filles, dans environ 2 semaines ! Cela m’a rappelé que je me devais de vous expliquer cet imbroglio qu’est le système de crèches au Japon.

On va essayer de faire simple ʕ•ᴥ•ʔ, et à la fin de l’article vous comprendrez la démarche à faire pour mettre ses enfants en crèche au Japon, en espérant que cette information puisse servir à des parents ou futurs parents. Je ne me lancerai pas dans une comparaison avec le système français, que je ne connais pas mais vos commentaires sont les bienvenues.

On commence par un petit rappel de ce que j’ai déjà évoqué dans l’article Éducation : la maternelle ou la crèche ? : Au Japon, on appelle les crèches 保育園 ho-iku-en, littéralement le jardin où l’on élève les enfants. Les crèches accueillent les enfants de 0 à 6 ans, jusqu’à ce qu’ils fassent leur entrée à l’école primaire, au mois d’Avril suivant leur anniversaire de 6 ans.  La particularité des crèches est qu’elles accueillent les enfants pendant les horaires de travail, libérant ainsi les parents de la garde de leurs enfants pendant qu’ils travaillent. Évident me direz-vous. Mais cela s’oppose aux établissements scolaire de type « maternelle » qui eux acceptent les enfants à partir de 3 ans mais ne prennent en charge les enfants qu’une demi-journée. Enfin, la règlementation des crèches est définie par le Ministère de la santé, du travail et du social 厚生労働省 kou-sei-rō-dō-shō contre le Ministère de l’éducation pour les établissement scolaires. Cette subtile différence joue un rôle sur le contenu éducatif des crèches.

Vous y êtes ? bon et bien maintenant disons que, comme moi, vous ayez décidé que vous vouliez mettre vos enfants en crèche. Cette décision peut d’ailleurs être prise un peu avant la naissance ou après jusqu’à l’âge de 5 ans, cela ne change pas la feuille de route ci-dessous.

La crèche « Homologuée »

La crèche « Homologuée » 認可保育園 nin-kaho-iku-en sera très certainement le premier choix vers lequel vous vous tournerez. Pourquoi ? Parce ce que ces établissements sont homologués par l’Etat et la municipalité (la ville ou l’arrondissement) et que de ce fait ils jouissent de subventions très importantes, donc de moyens conséquents tout en étant les moins chers pour les familles. On pourrait les appeler « établissement public » pour faire plus court mais ce ne serait pas tout à fait exacte car leur gestion est certes quelques fois 100% publique mais en réalité souvent déléguée à des organismes privés. Les critères pour être homologués sont strictes et fixés par l’Etat et je ne vous ferai pas une liste parce ce n’est pas le sujet, mais retenez juste que c’est une garantie de qualité pour le bien-être des enfants. Par exemple on peut citer la superficie minimale par enfant, les critères alimentaires, d’hygiène et surtout le nombre d’éducateurs et éducatrices nécessaires par enfants. Sur ce point on peut lire qu’il faut au minimum :

  • 0 ans – 1 assistante pour 3 enfants
  • 1-2 ans : 1 assistante pour 6 enfants
  • 3 ans : 1 assistante pour 20 enfants

Sans compter les puéricultrices, cuisiniers, personnels administratifs et autres assistants. Pour prendre un exemple concret, dans la crèche où mes filles ont été acceptés, j’ai compté 28 membres du personnel à temps complets pour 120 enfants ! ◉_◉

Tout en étant les meilleurs en termes de qualité d’accueil, ils sont aussi les moins chers car subventionnés par l’Etat (9.7%), la région (8.5%), la ville (65.7%) et au final les familles ne paient que (16.1%) de la facture totale. Le prix payé étant ajustée pour chaque famille en fonction des revenus (de l’imposition) ce qui est d’autant plus intéressant. Et si cela ne suffisait pas, une décote de 50% est appliquée sur le prix du second enfant (enfin des frais de crèche, vous m’avez compris ⚆ _ ⚆). Dans mon cas la facture que je paierai pour mes 2 filles dans une crèche de ce type est moins de la moitié de ce que je payais pour une crèche non-homologuée (que l’on verra plus bas).

C’est bien formidable tout ça mais il y a un petit revers de la médaille à tous ces avantages, c’est que la demande étant forte, on ne peut malheureusement pas satisfaire toutes les… demandes, en tout cas dans les grandes agglomérations comme Tokyo. Certains arrondissements choisissent de s’attaquer à ce problème et en font une priorité dans leur politique locale, et je suis heureux de voir fleurir des nouvelles crèches chaque année. Mais tant bien même il manque des places. Alors comment peut-on y rentrer ?

La procédure est bien définie comme à peu près toute procédure administrative au Japon, mais pas pour autant simple si on en prend connaissance pour la première fois ٩◔̯◔۶. Les dossiers d’inscription et les règles d’admissions sont gérés par la municipalité pour tous les établissements homologués dans la ville ou l’arrondissement, il faudra donc vous adresser à la mairie pour retirer un dossier et on vous expliquera la démarche. La demande se fait annuellement au mois de Novembre pour la rentrée scolaire en Avril de l’année suivante. Rien ne sert de faire une demande « en avance », il n’y a pas de premier arrivé, premier servi. Ici tous les dossiers soumis seront évalués et le verdict sera rendu au début du mois de février. Chaque municipalité établi un barème de priorité qui est clairement défini à partir duquel on attribue des points. Vous devrez fournir les pièces justificatives pour chaque critère (certificat de l’employeur, etc.). Enfin vous listez les crèches pour lesquelles vous inscrire vos enfants. L’attribution des places se fera à ceux ou celles qui ont le plus de points, et si égalité, d’autres critères seront pris en compte comme les frères et sœurs etc.

L’avantage de ce système est que vous pouvez calculer à l’avance le nombre de points (puisque le barème est donné) et savoir, en gros, si vous atteignez le minimum généralement requis, et si vous ne l’atteignez pas, il vous faudra faire preuve d’imagination pour y arriver. Par exemple vous pourriez divorcer ce qui ferait augmenter votre score car vous seriez considéré comme parent célibataire (¬‿¬) Oui, oui ce n’est pas une blague, il y a un gros bonus de points pour ça…

Malgré cela

, si vous n’avez pas été accepté, ne vous inquiétez pas, il y a un plan B…

Les crèches « certifiées »

Les crèches dites « certifiées » 認証保育園 nin-shoho-iku-en sera le second choix si vous habitez à Tokyo. Quelles différences avec les premières ? c’est une très bonne question et la réponse n’était pas évidente à trouver. La différence est plutôt étonnante, les critères fixés par l’Etat pour les établissements dits « homologués » sont assez difficiles à satisfaire dans les grandes villes surpeuplées comme Tokyo (par manque d’espace, etc.), par conséquent la préfecture de Tokyo a décidé d’édicter ses propres critères de crèches pour répondre à la demande. On peut lire les critères et conditions sur le site de la préfecture de Tokyo. En fin de compte cela reste un gage de qualité, et je ne serais pas surpris qu’il y ait parfois des établissement « certifiés » qui puissent être meilleurs que les « homologués ». Le principal défaut étant le coût, car même s’il y a un prix maximal fixé à environ 80,000 JPY par mois par enfant, et même une subvention de la mairie en fonction des revenus, cela reste globalement plus cher que les premiers établissements. (En fait surtout avec plus de 2 enfants car il n’y a pas de réduction de 50% pour le 2ème enfant).

Bien bon, comment cela se passe -t- il pour s’inscrire ? à la différences premiers établissement ou l’inscription étant centralisée à la mairie, ici il va falloir aller visiter chaque établissement, et surtout leur demander s’il y a de la place disponible. Si vous vous pointez en cours d’année, c’est très peu probable, mais si vous faite la demande au mois de février (en général après avoir reçu la réponse négative pour les établissement « homologués »), vous pourrez certainement prétendre à avoir une place pour la rentrée d’Avril. Ici pas de systèmes de points, il vous suffit d’être résident à Tokyo, puis il faudra avoir un entretien avec chaque établissement qui jugera sur ses propres critères s’il accepte vos enfants.

Bon et si malgré ça, vous ne pouvez pas avoir de place, ne pleurez pas ಥ_ಥ il reste un plan C ! (ง ͠° ͟ل͜ ͡°)ง

Les crèches en dehors du système

les crèches non homologuées dites 認可外保育園 nin-ka-gaiho-iku-en sont le dernier recours si les 2 premiers types d’établissements vous ont été refusés. Mais pas que, nous allons voir que cela peut être un choix tout à fait volontaire.

Pour faire cours, ces établissements en respectent pas les critères requis par les 2 premiers ! Alors là brut comme ça, ça peut faire peur ಠ~ಠ, parce que bon quand même vous comme moi on tient à la santé et au bien-être de nos petits enfants et il n’est pas question de faire n’importe quoi même si vous voulez vous en débarrassez à tout prix les faire garder à contre cœur parce que vous travaillez ¯\_(ツ)_/¯. Bon en théorie, ce n’est pas parce qu’ils ne respectent pas tous les critères demandés qu’ils sont pour autant tous mauvais. Et là il va falloir faire des recherches, vous renseigner, visiter, et recueillir des avis sur internet ou d’autres parent si possible. On trouve de tout et même parfois des bonnes surprises, par exemple, un établissement comme nous avons utilisé pourra vous proposer de garder vos enfants le samedi si besoin à l’occasion alors qu’un établissement « homologué » ne sera pas autorisé à garder les enfants le samedi à moins que vous ayez une attestation de votre employeur qui justifie que vous travaillez le samedi, et ce pour les 2 parents >_<. D’autres établissements homologués proposeront des activités en anglais etc. Bref des services que l’on ne trouve pas dans les 2 autres types d’établissement.

Le revers de la médaille étant le coût $_$ bien sûr, puisque ces établissements ne sont ni subventionnés, et que la municipalité ne vous versera aucune aide, vous devrez payer 100% des frais de fonctionnement. Autant dire qu’il va falloir être prêt à sacrifier une bonne partie du salaire si vous avez 2 enfants. ಥ_ಥ Et même en payant des frais 2 à 3 fois plus chers que des établissements « homologués », on n’arrive pas à la moitié du budget de ces derniers, et donc dans les faits, on se retrouve à payer effectivement 2 à 3 fois plus cher pour une qualité d’accueil un peu moins bien. Après ce n’est pas le goulag non plus et la motivation et l’expérience du personnel compte parfois plus que les mètres carrés disponibles par enfant.

En fin de compte, si comme dans notre situation, vous chercher à faire garder les enfants pour reprendre le travail, cette solution sera temporaire puisqu’elle permettra de commencer le travail à n’importe quel moment de l’année puis ensuite de justifier d’un contrat de travail et d’un placement en crèche, afin d’obtenir une place dans une crèche « homologuée ». \ (•◡•) /

Conclusion

Voilà c’est fini pour ce petit guide sur les crèches au Japon même s’il y aurait encore bien des choses à dire mais c’est déjà un bon début et si vous avez des questions je serais ravi de faire des recherches pour y répondre.

Maitre Tortue

 

Références

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